Rêverie

Biffures dans le ciel blessé,
Ombres projetées sur les falaises piquetées
De verdure,
Quelques rapaces tournoient.

L’oasis verdoyante qui
Au temps résiste,
Déploie ses ailes enchanteresses,
Exhale un parfum de frisson,

Recueille les larmes invisibles
Des promeneurs ordinaires,
Et l’amour insensé
De leur cœur solitaire.

Mussés au creux de cette forteresse,
Silencieux, leurs regards s’enlacent,
Leurs sourires s’étreignent,
Jetant aux nuages leurs bouquets de caresses.

las…

A trop rêver le monde s’est tu
Droit devant lui tout est glacé
Il a fini par étouffer
Se lasser des malentendus

A trop chercher le bleu du ciel
Et les sourires d’après minuit
Il s’est noyé dans l’infini
Des paradis artificiels

A trop se taire il s’est fondu
Dans les décombres du passé
Noir flou Plus rien n’a existé
Que ruines et souvenirs perdus

De guerre lasse

Ils se sont aimés en silence
Chacun d’un côté de la frontière


Il a cueilli ses errances
Près des bombes et de la guerre
Elle a glané ses regards
Fait fi des larmes et des cris


Mais l’Histoire a rattrapé leurs égards
Et puis,


Sur leurs ridicules stèles de pierre
Les bouquets ont pourri
Laissant germer la rancœur et l’oubli
Pour qu’en ce jour sans lumière


Agonisent les rêves.