Et il acheta un trampoline…

Fladégon Sébignolle est un homme débonnaire. Comme son caractère, il n’est ni grand ni petit, ni gros ni maigre. Une sorte de juste milieu qui va à tout le monde. Soit il rassure les anxieux par ses pensées simples, soit il étonne par cette même simplicité les plus sophistiqués En effet dans la vie, il ne se pose pas de questions au-delà de son ventre, de son porte-monnaie et de la croissance de son enfant. D’ailleurs, depuis qu’il en a un, il ne se pose même plus la question de sa femme. La maternité l’a rangée avec sa mère et ses neveux dans la catégorie famille, un excellent fourre-tout pour sa bonne conscience. Tout semble fluide à ses méninges. Il a essayé parfois de se poser des questions existentielles, sur le sens de la vie ou sur les agissements de la société dans laquelle il évolue. A chaque fois, migraine. Prosaïque, il a arrêté.

Il se contente de vivre dans le triptyque ordinaire : maison à lui, famille à lui, travail à lui. Le « à lui » est très important. Une nécessité de possession qui lui permet de croire que ces choses sont réellement siennes et le rassure quant à leur disponibilité. Pourtant, il profite de l’école, où il dépose chaque matin son enfant, emprunte les routes pour se rendre au travail et se rend à l’hôpital lorsqu’une maladie ou une blessure nécessite plus qu’un simple rendez-vous chez le médecin. Sa fiche d’impôt devrait lui rappeler que ces biens collectifs sont autant aux autres qu’à lui. Mais non. Il n’a ni ticket de caisse, ni acte de vente alors même s’il en dispose librement, ce n’est pas à lui. Ni aux autres d’ailleurs. A ce qu’on appelle vaguement la collectivité ? Peut-être. Il applique inconsciemment un schéma simple : à lui ou pas à lui. Un manichéisme matériel pour  le repos de l’esprit, un raccourci intellectuel essentiel à sa bonhommie. Il n’a du reste toujours pas déterminé de hiérarchie à ces trois domaines. Lequel est le plus important de la famille, du travail, de la maison ? Il ne se pose pas de questions.

Sa maison ? Un pavillon avec garage dans une rue de banlieue, tracée à l’équerre par un promoteur avisé dans une bourgade collée à la ville. Les lignes de bus avec arrêts numérotés plantés sur les trottoirs rappellent ce lien. Elles sont les axones reliant chaque neurone de la large périphérie à l’hypothalamus urbain. Leur présence rassure les habitants, Fladégon le premier, même s’ils préfèrent arpenter l’enrobée avec leur voiture bien à eux. A quoi bon partager le paradoxe des mobilités modernes quand on peut en jouir seul : se déplacer sans bouger, avec sa musique, à son rythme.

Il y a l’école maternelle et primaire, où les parents se retrouvent ronchons le matin et fatigués le soir ; le supermarché où ces mêmes parents se croisent à nouveau, déduisant des produits amoncelés dans le Caddie© la vie des uns et des autres ;  le clocher d’une église du XIXème en briques rouges et ardoises noires pour donner un aspect de village à cet étalement de béton et de bitume ; une boulangerie où Fladégon n’a jamais fait l’effort de goûter le pain dont la réputation frôle l’infamie, lui préférant les pelletées de cinq baguettes plus une offerte du supermarché qu’il congèle dans son immense congélateur ; un bar-tabac pour offrir un semblant d’animation dans la monotonie de cette ville dortoir, même si lui-même n’y a jamais mis les pieds. L’important n’est pas de pratiquer, mais de savoir que tout est là, à portée de main au cas où si un jour peut-être… Une carte postale typique d’une bourgade il y a un demi-siècle encore agricole, et mangée depuis les années soixante-dix par l’appétit croissant d’une population en manque de carrés d’herbes et de cubes de béton bien à eux.

Une maison semblable aux neuf autres de la rue. Il y a une vingtaine d’années, sa parcelle voyait l’or des blés onduler sous la brise. Mourut le paysan. L’espoir d’un beau profit fit se rencontrer le désir du fils de faire un autre métier que son père et l’appétit d’un promoteur pour la spéculation immobilière. Bien vite, routes et pavillons remplacèrent les sillons. Un rêve de petit propriétaire devenu réalité. Un étage, trois chambres, salle-salon au rez-de-chaussée à côté de la cuisine, qu’il a fait ouvrir sans autre raison que d’être dans l’air du temps, un toilette à chaque niveau, la salle de bains avec baignoire au premier. Une vision du bonheur sur vingt ans et deux-cent quarante traites.

Sa famille ? Une femme, Salégondrie, et un enfant de quatre ans, Arodène, en petite section à l’école maternelle à deux pas de la maison. Il a trente-cinq ans, elle trente-deux, et depuis quelques mois ils ont tourné leur sexualité vers la production d’un deuxième. Deux parents, deux enfants, le carré parfait, un équilibre mathématique rassurant. Ils se sont épousés l’un l’autre il y a cinq ans. Une fête intemporelle sur DVD qu’ils n’ont regardé qu’une fois et dont l’émotion des souvenirs s’est déjà estompée, ne laissant plus que les images froides de photographies posées sur le buffet. Mairie, vin d’honneur, salle des fêtes, lendemain difficile, une étape pour célébrer les cinq ans de leur rencontre et pour donner de l’allant à leur vie future. Sous la pluie de riz, leurs sourires immortalisés sur papier glacé n’enrichissent plus que les pages de l’album du mariage, dont les pages closes et la tranche poussiéreuse sont à l’image des promesses non tenues et des espoirs amputés.

Salégondrie a une tendance à se poser bien plus de questions que son cher et tendre. La maternité, suppose Fladégon, bien que ce penchant existait avant qu’elle ne devienne mère. Heureusement, ses interrogations dépassent rarement le cadre matériel. Comme lui. C’était d’ailleurs cette qualité, plus que son physique à l’image du sien, banal, qui l’avait fait s’éprendre d’elle. Le pragmatisme inconséquent avant tout. Les idées, les grandes phrases, ils les laissent aux experts des débats télévisés dont ils sont friands. Ça les repose de constater que d’autres réfléchissent pour eux et que le seul effort cérébral qu’on leur demande, c’est de déposer un bulletin dans une urne ou de compléter une feuille d’impôts. Cette phrase galvaudée les attendait : ils étaient faits l’un pour l’autre.

Leur parcours est un sans-faute : rencontre, apprivoisement, mariage, maison, premier enfant, deuxième en perspective, que demander de plus à la vie ? Arodène a aussi ses  idées bien à lui : des Frosties© au petit déjeuner, du Kiri© pour conclure le déjeuner, Nutella©-brioche Pasquier© au goûter et Knacki© au dîner. Enfin, un jour. Le lendemain, la télé lui aura donné d’autres appétits. Eux, enfants bercés par la même nounou cathodique et parents attentionnés, font plaisir à l’enfant encore roi avant que l’arrivée du deuxième ne le rétrograde au rang de prince. Sa dernière envie à ce bout de chou si trognon : un trampoline. Est-ce vraiment la sienne ? Fladégon ne s’est-il pas senti mal à l’aise de le voir rire aux éclats à sauter sur celui d’un autre ? N’a-t-il pas ressenti une pointe de jalousie en regardant ce père qui avait su anticiper le désir de son enfant ? Cet autre serait-il un meilleur parent que lui-même ? La migraine faillit le saisir. Heureusement, son code de carte bleu agit plus sûrement que le paracétamol.

Son travail ? Après le collège où il oublia de briller comme de sombrer, il n’enflamma pas non plus les bas de bulletins au lycée professionnel. Egal à lui-même, évitant les excès, il décrocha son bac pro commerce sans autre mention que de l’avoir et put se lancer sur le marché du travail. Il était si impatient d’avoir un salaire à lui. L’argent de poche commençait de lui peser comme l’aumône sur la dignité de l’indigent.  Comme il le disait toujours à ses parents et à ses amis, il voulait « gagner ses sous ». Il les gagna d’abord au supermarché de la grande zone commerciale à vingt kilomètres de la ville. Il commençait à six heures du matin. Il s’était imaginé chef de rayon, gestionnaire de commande. Il devait se contenter de décharger les camions, remplir les rayons et prendre soin du facing, réapprovisionner les gondoles lorsque son chef lui signalait un manque. Il finissait à treize heures. Bien vite, il n’arriva plus à se lever. Il n’avait pas obtenu le bac pour finir manutentionnaire. Et se lever tous les jours à cinq heures du mat’ pour pousser sept heures durant des chariots élévateurs, aplanir chaque rayon pour que les clients, ces ingrats, détruisent son facing à vouloir forcément la boîte de riz juste derrière, à subir leurs demandes impérieuses comme s’il était à leurs ordres, non merci. Il était simple à vivre mais il ne fallait pas pousser. Mollement fougueux — « Folie de jeunesse » était le commentaire tout prêt si un jour quelqu’un s’intéressait  à son passé, il démissionna.

N’ayant plus aucune ressource, il prit le premier job qui lui tomba sous la main. Ce fut pire que le précédent. Dans un entrepôt de matin (cinq heures-treize heures) ou d’après-midi (treize heures – vingt et une heures), il devait un jour accueillir, scanner, valider sur la base de données les arrivages, puis les ranger au bon endroit dans les dizaines de kilomètres de rayonnages du magasin. Le lendemain, il devait préparer les commandes et tout faire dans le sens inverse : chercher les marchandises dans le magasin, les scanner, valider sur la base de données, empaqueter puis donner au service expédition. De manutentionnaire à magasinier, la frontière est mince. Il tint six mois. Six long mois. Chaque jour, il se rendait un peu plus compte de sa servitude au grand serveur régissant tous les écrans de la boîte. Ce sentiment d’être un larbin qui ne mérite pas le respect de sa dignité humaine était exacerbé par le management de son chef, basé sur l’humiliation, la concurrence entre opérateurs, les engueulades à chaque erreur. Le dernier mois, il fit trois fautes, c’est-à-dire qu’il se trompa dans la préparation de trois commandes. Il fut éjecté aussi sec, sans un merci, croisant son remplaçant lorsqu’en début d’après-midi il alla vider son casier.

Après les trois mois de chômage qu’il s’octroya pour trouver un travail un peu plus valorisant — il ne se posait pas de questions mais il avait quand même un minimum d’estime de lui — il décrocha un entretien dans une boîte de meubles à monter internationalement connue. Peut-être fut-ce sa bonhommie, son manque d’éclat sans pour autant être trop terne qui conquirent la DRH ? Il n’y réfléchit pas. Il avait le job. Les mois passèrent. Facile à vivre, sans grande ambition mais faisant correctement son travail, obéissant à toutes les directives tant qu’elles venaient d’un supérieur, il gravit les échelons. Aujourd’hui, il est chef de tout le rayon salon, l’un des plus importants du magasin. Quelle fierté ! Enfin, il était reconnu à sa juste valeur. Enfin, il pouvait pressurer ses collaborateurs pour en obtenir toujours plus. Chacun à sa place joue son rôle, c’est ainsi que marche le monde. Le sien est d’obtenir plus que le meilleur de ses subordonnés, par tous les moyens possibles et notamment grâce à ceux inculqués par l’entreprise lors des formations internes, les mêmes dispensées à toutes les entreprises du secteur.

Fladégon ne pense pas à mal lorsqu’il dit ça. Le monde est ainsi fait, voilà tout. Ceux d’en haut oppriment ceux d’en bas, à tous les échelons. Chacun n’a que ce qu’il mérite car, qui ne peut agir pour améliorer sa condition ? Personne. Regardez-le. De simple manutentionnaire, armé de son seul bac pro, il est devenu chef de rayon. Qu’est-ce qui lui a permis d’ainsi gravir les échelons ? Sa volonté. Un peu de volonté, et les choses s’améliorent. De cela, il en est convaincu. Une conviction sans méchanceté. Plutôt que de chercher à changer la société, à lutter contre l’injustice sociale et économique, il préfère se fondre dedans, devenir un maillon à qui on ne demande pas de réfléchir, mais d’appliquer afin d’en tirer le meilleur bénéfice pour soi et les siens. A quoi bon aiguiser sa conscience si ce n’est pour souffrir ? Fladégon s’en tient rigoureusement éloigné. Il est un rouage et il s’en contente, s’en satisfait même, et le sourire aux lèvres en plus. S’il y en a qui veulent être malheureux, c’est leur problème. Lui le sien, c’est sa maison, sa famille, son travail.

En cette fin de matinée, Fladégon Sébignolle est fier. Trois heures, il lui aura fallu trois heures pour transformer cet imbroglio de fils, de barres métalliques, d’écrous et de vis, de toiles et de filets en un magnifique trampoline. Les poings sur les hanches, au maximum de recul que lui permet son jardin, c’est-à-dire à peine un mètre, il contemple les joues rosies d’orgueil son œuvre.

— Papa ! S’exclame son fils, quatre ans, en s’agrippant à sa jambe.

D’un geste machinal de la main, il ébouriffe sa tignasse brune. A la satisfaction du travail accompli s’ajoute la joie de faire plaisir et une pointe de suffisance. Il a rempli son devoir de père. Près de deux mois que le petit Arodène réclamait un trampoline. Depuis la fête d’anniversaire d’un de ses camarades de petite section, Jean-Euristé, tête blonde aux joues perpétuellement roses. Entre deux Princes©, deux poignées de Smarties© et deux gorgées d’Oasis©, les enfants ce jour-là s’époumonaient à rire en sautant dans la cage rebondissante sous le regard attendri de leurs géniteurs et génitrices. En rentrant de la fête, le regard quémandeur de son fils dans le rétroviseur valait tous les discours. A partir d’aujourd’hui et grâce à lui, son fils pourrait sautiller quand bon lui semblerait. L’injustice prenait fin : il avait un trampoline à lui. 

— Vas-y mon chou. Va t’amuser.

La démarche hésitante, oscillant entre joie extrême et appréhension, Arodène s’avance timidement. Il touche les barres de l’échelle menant à la plate-forme de plastique sans sembler y croire. Fladégon sourit et s’approche. Il l’aide à grimper puis referme derrière lui la fermeture éclair du filet devant prévenir les chutes. Son fils fait quelques pas maladroits, tangue à chaque fois que ses pieds s’enfoncent dans la souplesse caoutchouteuse. Il paraît tester le matériel, vérifier la solidité des ressorts en métal qui donnèrent tant de fil à retordre à Fladégon pour les installer correctement. Un autre ressenti perle des lumières dans ses yeux : est-ce vrai ? Ce trampoline dans le jardin ne serait-il pas un mirage ? Assurer de sa réalité, Arodène se met à sautiller gaiement. Son sourire s’élargit à mesure que ses bonds prennent de l’ampleur. Fladégon sourit à pleine dents de le voir rouler, se relever pour sauter puis choir à nouveau. Le cristal du rire enfantin s’élève, rebondit contre la baie vitrée du salon et sonne agréablement à l’oreille paternelle. Il goûte au plaisir provoqué par cette bête structure métallique, pas peu fier d’en être le bâtisseur.

— Il va se blesser, protesta Salégondrie.

— C’est sécure, répliqua-t-il, plein de confiance dans l’ingénierie humaine.

— Notre jardin est trop petit, s’entêta-t-elle.

— Tant qu’il y a de la place pour le barbecue et le salon de jardin, tout va bien, la rassura-t-il.

A chacune de ses interrogations, il avait un argument massue à lui rétorquer. Il y a une semaine, à court d’arguments, elle avait cédé. Dans la minute qui suivit sa capitulation, il s’était installé devant son ordinateur, la souris sous la main droite, la carte bleue dans la main gauche. Il voulait éviter la cohue des centres commerciaux le week-end, les embouteillages sur le parking, la lutte idiote, mais à laquelle il participait avec vigueur, pour emporter la place la plus proche de l’entrée. Dans les rayons, s’épargner l’embarras de ne pas trouver le bon produit, la corvée de demander à un employé intérimaire à peine au courant de la gamme qu’il vendait s’il l’avait en stock. Faire la queue à la caisse puis galérer à faire entrer les cartons dans la voiture. Non, tout ça l’embêtait par avance. Ses tracas de consommateurs, il fit le choix de les sous-traiter.

Au magasinier d’abord, traité pire qu’une machine quand la commande affichée sur l’écran de sa tablette lui ordonnait de retirer ce produit de l’espace E12. Portion d’étagères identiques parmi les centaines que comptent les vingt kilomètres de rayonnages du hangar géant,  il devait enlever la bonne référence le plus rapidement possible sous peine de ne pas toucher sa prime à la fin du mois, prime ô combien importante car elle lui permettait de gagner dix pour cent de plus que le SMIC. Au livreur ensuite, soumis à la dictature du délai et à la surveillance de son patron grâce au smartphone que lui avait confié sa boîte. Celui-ci sonnait dès qu’une commande n’était pas délivrée en temps et en heure, affichant un message en rouge sur l’écran, tandis que son patron l’appelait à 12h45 après avoir fait trainer sa pause déjeuner cinq minutes de plus qu’indiqué sur son contrat. La tranquillité d’esprit était à ce prix et Fladégon n’hésita pas un instant à le payer.

Debout dans son jardin, un étroit échantillon d’herbe rase délimité au cordeau par un grillage vert, dos à la baie vitrée plein sud qui dispensait une belle lumière dans son salon-salle à manger, il profite. Un œil à gauche, quatre jardins comme le sien. Un œil à droite, même constat. Il était au centre et cela ne lui déplaisait pas. Dans chacun des carrés de pelouse, la même cathédrale d’acier et de caoutchouc qu’il venait d’ériger dans le sien. Derrière leurs filets, les mêmes sautillements joyeux sous les regards mi vigilants, mi blasés de parents ayant acquis de longue date le précieux trampoline. Aucun des voisins n’avaient eu l’idée de partager son bien. Chacun le sien plus que le leur à tous. L’important était de posséder plutôt que de partager, une sorte d’évaluation sociale dont la note fluctuait en fonction des acquisitions. Maintenant que Fladégon a son trampoline à lui, il rentre dans le rang en espérant avoir dépassé la moyenne.

Il salue chacun de ses voisins par leur prénom. Dans la rue, tout le monde se connaît. On se prête de la farine ou des œufs, on donne un coup de main pour tapisser la chambre du dernier ou réparer la courroie d’une tondeuse, on joue la solidarité sans oublier de zyeuter les vies de chacun. Il ne faudrait pas manquer de conversation lors des « p’tits cafés » de fin de matinée le dimanche ou lors des apéros en petit comité le samedi soir. Alimenter les discussions sur le dos des voisins permet de se rassurer, de se croire meilleur à défaut d’être bon, d’offrir un exutoire aux frustrations qu’on se crée nous-mêmes à comparer, mégoter, dédaigner, sans plus vraiment savoir ce qui est bien ou mal. Avec son trampoline, Fladégon fait plus que d’offrir à son fils de bons moments, il se conforme à l’image du bonheur partagée par la petite communauté de la rue. Son sourire s’élargit. Le voilà rassuré, il est maintenant comme les autres. En applaudissant son fils qui venait de réaliser une pirouette particulièrement périlleuse pour un bambin de cet âge, il ne sait pas qui il félicite réellement ?  Arodène ou lui-même. Peu importe, la question ne lui effleura même pas l’esprit. A quoi bon les questions ? Il était heureux.    

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