Formule de politesse et vivre ensemble (Hypocrisie I)

Vous avez certainement entendu parler du vivre ensemble ? Non ? Et bien c’est chose faite. Je ne vais cependant pas sur cette page tenter de le définir, Internet regorge d’explications très complètes. Néanmoins, vivre ensemble nécessite de mettre en place certaines choses, conscientes ou inconscientes, des stratégies et des attitudes afin de supporter son prochain sans que ne vienne nous titiller l’envie de l’étriper. Intéressons-nous à quelques-uns de ces trucs.

Dans la jungle des manières d’être qui permettent à l’humain de satisfaire son instinct grégaire, la première qui me vient à l’esprit est l’hypocrisie. Quoi ? Comment ? L’hypocrisie ? J’entends déjà vos cris d’orfraie à l’évocation de ce terrible penchant. Toutefois, plaisante ou non (question de point de vue), l’hypocrisie apparaît comme l’un des fondements de nos sociétés. Elle jouit d’une très mauvaise réputation. Et pour cause ! On nous rabâche les oreilles avec la franchise, élevée en point cardinal des bonnes relations humaines, et la confiance, indispensable dans une économie de dupes. Alors parler d’hypocrisie, ça fait tâche. Tant pis.

Écoutons les huiles politiques et économiques se gargariser de « parler vrai » quand leurs langues sont de bois. N’avez-vous jamais entendu un discours franc ne rien dire d’autre que ce que vous vouliez entendre ? Là se cache l’hypocrisie, ne pas dire ce qui doit l’être pour complaire à autrui. Bien sûr, en ces temps troublés, il est facile de s’en prendre aux élites,  mode oratoire économique en réflexion mais ô combien rentable en terme d’image et de pouces levés sur FB. Ne cédons pas à la facilité et débusquons la ailleurs.

Penchons-nous sur un lieu où l’hypocrisie aime à se tapir : la politesse. Comme son nom l’indique, elle a pour rôle de polir les relations entre les humains, de les rendre plus lisses afin que glisse sur elles discorde et animosité. Prenons quelques expressions consacrées et mettons en lumière leur aspect hypocrite.

Commençons par le « bonjour ». En même temps que saluer une personne, nous lui souhaitons aussi de vivre une bonne journée. Imaginez. Vous arrivez à votre entretien-bilan annuel, sachant pertinemment que vous n’obtiendrez rien de votre supérieur que des remontrances et des critiques inconstructives, voulez-vous réellement qu’il passe une bonne journée ?  Ne voudriez-vous pas plutôt lui balancer un « va crever raclure » de bon aloi ou un tout aussi efficace « salut connard » afin de bien lui signaler votre désappointement, non, votre colère de devoir subir une heure en sa compagnie pour zéro augmentation et mille reproches. Ou bien ce bonjour est un constat. Connaissant le penchant de votre chef pour la tyrannie perverse, peut-être que ce simple mot est là pour lui signaler qu’il va passer un bon moment avec vous, que pour l’ensemble de sa journée, il pourra savourer la jouissance d’avoir pu, pendant une heure, jouir de son pouvoir mesquin en vous pourrissant professionnellement.

Passons à l’autre bout de la journée, à l’ « au revoir ». Par cette formule concluant une rencontre cordiale ou non, ne signalons-nous pas la possibilité de se voir à nouveau, voire même le plaisir que nous pourrions en retirer si tel était le cas. Gardons l’exemple de ce despote d’open-space. Certes, comme il travaille dans la même boîte que vous et que vous lui devez cette servilité crasse indispensable pour conserver votre poste et votre salaire (à peine de quoi  vous conformer à ce que le mot vivre signifie dans nos sociétés), vous êtes contraint de le revoir. Mais jamais vous ne le souhaitez. Vous préféreriez lui dire « adieu » ou même, n’ayant aucun désir de le croiser dans l’hypothétique éternité d’une vie après la mort, « A jamais ». Ou encore, pour terminer l’entretien de la manière dont vous auriez aimé le commencer, lui balancer un « va crever » bien senti avec le fol espoir que, demain matin, vous ne croisiez plus sa sale gueule de chefaillon lèche bottes.

Il y a aussi cette locution qu’on balance sans même s’en rendre compte : « Au plaisir ». Que voulons-nous dire par là ? Que nous sommes ravis d’avoir rencontré cette personne à qui nous servons cette banalité ? Ou que nous le serions de la revoir ? Son acception se trouve sûrement à la croisée des deux. Parfois, il faut l’avouer, nous le disons sincèrement. Mais si je partais dans ce sens, cette chronique n’aurait justement plus aucun sens (en a-t-elle seulement un d’ailleurs ?). Généralement, nous disons cela par habitude, un tic de langage acquis par une trop longue pratique de la politesse contrainte. Supposez, vous êtes à un dîner auquel nombre de convives vous sont inconnus. Votre caractère sociable vous pousse à converser avec les uns et les autres. L’apéritif passe, le repas ensuite, le pousse-café enfin. Il y eut de belles rencontres, d’autres totalement insipides, pourtant à tous, vous dites au moment de se quitter « au plaisir ».

 Serait-ce un plaisir de croiser à nouveau ce grand brun n’ayant à la bouche que modèles de voitures et haine des radars fixes ? Serait-ce un plaisir d’engager une nouvelle conversation avec cette mère de famille, trop bien sous tous rapports pour se révéler étonnante, embellie croit-elle par ses multiples maternités, et dont le seul sujet de conversation est le bonheur de voir grandir sa progéniture ? Un plaisir de l’écouter vous détailler une seconde fois chaque geste pour changer une couche, préparer un biberon, la joie extrême de torcher des culs potelés et de gaver des bouches édentées pour à nouveau torcher des culs ? Un plaisir de l’entendre se plaindre de ses problèmes d’organisation pour amener le grand à l’école tout en s’occupant dignement des trois autres ? Non, franchement, je ne crois pas mais poli jusqu’au bout des ongles, vous ne pouvez-vous empêcher d’affirmer dans un sourire « au plaisir ». Au moins aurez-vous fait plaisir à la personne vous ayant introduit à ce dîner. Enfin l’espérez-vous.

Nous pouvons ici parler du mot « cordialement » et de tout l’échelonnement qui le précède lorsque nous concluons nos mails. Par ces quelques lettres, nous souhaitons établir une sorte de proximité avec la personne à qui nous l’envoyons. Cordialement, ça veut dire avec cordialité, on veut se montrer chaleureux comme si avec tous ceux à qui nous écrivons ce mot il existait vraiment une certaine intimité, morale plutôt que physique (dites cordialement à votre partenaire et vous saurez très vite qu’il ne permet  d’établir aucune forme d’intimité physique). C’est une formule de politesse que les gens aiment à décliner : « bien cordialement », « très cordialement »… Non mais d’où t’es très cordial avec moi ? Je t’envoie un mail pour te demander un truc alors qu’on ne se voit qu’une fois tous les trente-six du mois, que je ne me rappelle quasiment pas ta trogne, que je te connais à peine et ne souhaite pas plus te connaître car le seul sentiment que j’éprouve à ton égard est celui de l’indifférence utile. Plutôt que de te renvoyer ton bien cordialement, je vais me permettre de t’écrire le fond de ma pensée : dis-moi ce que je veux savoir et pour le reste, va te faire foutre.

Mais nous sommes policés par des années de pratique et, par mimétisme, pire, par conformisme social, plutôt que de terminer notre mail par un « va te faire enculer » venu du fond du cœur, on conclut par un « bien cordialement » identique au sien, très politiquement correct et tout aussi hypocrite. On ne sait jamais, on pourrait à nouveau avoir besoin de lui. Nous sommes donc prêts à toutes les bassesses par utilitarisme et de la sorte nous sacrifions la franchise sur l’autel des convenances.

Finissons par ces trois mots si usités pour obtenir de quelqu’un ce que nous désirons, les mots magiques : « s’il vous plaît ». Ici, prenons-les lorsqu’ils nous sont adressés. Par ces mots, on nous pose la question suivante : « vous plairait-t-il d’accéder à ma requête ? ». C’est un des premiers trucs qu’on inculque à nos enfants après le merci, bien plus aisé à prononcer. Lorsqu’on vous demande une banalité, du genre « le sel s’il vous plaît ? », ça ne porte pas à conséquence alors vous obtempérez. Mais imaginez. Un soir avec vos amis, vous décidez d’aller au restaurant. En plus, c’est chouette, ça fait longtemps que vous n’y êtes pas allé et ça vous fait rudement plaisir de casser la croûte dans un endroit sympa en bonne compagnie. Sauf que le resto réservé, pourtant pas si mal noté sur Trip Advisor, révèle avoir pour chef un bras cassé et que la tambouille dans votre assiette s’avère franchement dégueulasse. Et je ne parle pas du vin, une piquette hors de prix. Vient fatalement le moment de l’addition. Par honnêteté, car en plus d’être hypocrite malgré vous, vous êtes honnête, vous acceptez de régler la note. Après avoir indiqué un montant indigne du magma alimentaire que vous vous êtes senti obligé d’ingurgiter, le serveur vous avance le terminal carte bancaire avec un « s’il vous plaît » tout commercial.

Si vous étiez honnête avec vous-même plutôt qu’avec le savoir-vivre, vous vous lèveriez, vous lui balanceriez sa machine à la gueule, feriez un esclandre sur la bouffe infâme que ce gourbi ose servir à ses clients et refuseriez catégoriquement de céder le moindre denier à cet établissement de voleurs ! Mais non. La magie de ce simple « s’il vous plaît » agit aussi sûrement qu’un flingue sur la tempe. Machinalement, comme un automate programmé à réagir de telle manière à tel stimulus, vous tapez votre code et même, comble insupportable de la politesse conditionnée, vous souriez au serveur. Après tout, il n’y est pour rien. Peut-être mais cinquante balles l’infâme dîner, c’est loin de vous plaire.

Il y a tant de formules de politesse dans lesquelles traquer l’hypocrisie latente, ce ciment du vivre ensemble. Elles se verront peut-être disséquées dans une autre chronique. J’espère que ce texte vous aura plu. Au plaisir de lire vos réactions.

Bien cordialement,

Monsieur G.

3 réponses sur “Formule de politesse et vivre ensemble (Hypocrisie I)”

  1. Cher Monsieur G,

    Vous ne m’en voudrez pas j’espère, si je m’en viens à contre-courant de ce que vous publiez à propos de la politesse. En effet, j’ai trouvé dans votre « e-« papier un peu d’émulation et puisqu’il semble que nous nous connaissons un peu, et qu’après tout vous trouverez sûrement quelque chose de plaisant dans le fait que je vous aurait montré la peine que j’ai prise à vous lire en vous répondant par un commentaire, vous ne vous offusquerez pas de ma démarche. La contradiction est un plaisir qu’on réserve à ceux qu’on apprécie ; la douloureuse indifférence, une delicatesse vouée aux méprisés.

    Car en effet vous n’y dites absolument rien que personne n’aie jamais expérimenté par soi-même – la prétendue fausseté forcée de tous au quotidien, vérité Ô combien maintes fois ressassée -, de sorte qu’aucune leçon n’est à tirer de votre texte, et que celui-là demeure sans aucuns sens, comme vous l’avez d’ailleurs avoué. Comptiez-vous nous divertir avec votre article et nous tirer d’autres plaisirs habituels afférents aux débuts d’année avec ce court catalogue des expressions de politesse les plus banales et la liste des insultes de bureau les plus rustres ? Car sous couvert d’étudier les moyens de l’homme par lequel celui-ci pose ses propres garde-fous spirituels afin d’eviter d' »étriper » » son prochain, et que vous appelez à tort la politesse, vous réduisez encore l’hypocrisie à un simple outil du vice au service de la première… C’est se méprendre sur la nature formidable de l’hypocrisie et il faut réparer cela !

    Laissez-moi vous dire qu’en plus d’avoir omis de s’interroger sur l’injuste procès qu’on fait à l’hypocrisie et alors que vous le laissiez entendre, un éloge sur celle-ci aurait été des plus rafraîchissant (et bienvenu dès la fin de votre 2eme paragraphe) ! Car si la maline Hypocrisie serait fille de la Politesse, ce qui d’après vous ferait de sa mère une mauvaise manie, alors laissez-moi vous démontrer que le monde d’aujourd’hui manque pourtant cruellement d’hypocrisie !

    Tout d’abord, il me semble que vous vous méprenez, ou vous êtes fou : la politesse n’est qu’une manière non pas de se retenir d’occire autrui sans raison, mais bien d’empêcher qu’autrui ne le fasse à votre encontre. Sinon à quoi bon vous adresser aux bonnes gens si vous êtes vous-mêmes sans cesse animé de telles pulsions morbides ? À quoi bon vivre même dans une telle souffrance? Mourrez donc en parfait égoïste associal ! Inversement il y a mille raisons qui peuvent faire qu’à votre apostrophe, l’interlocuteur vous saute à la gorge ou s’enfuie en courant. Peut-être votre requête est-elle désagréable, ou bien êtes-vous repoussant ou intimidant. La vérité est que la politesse sera la dorure indispensable qui fera qu’on vous réponde, que l’image de vous que vous rendront les autres vous empêchera de vous détester et de vous pendre en rentrant chez vous. Que vous le vouliez ou non, vous existez un peu grâce aux autres et dans la politesse il y a un peu de respect de soi et finalement, beaucoup d’amour propre. Vous aimez-vous le soir face à votre mirroir, lorsque vous récitez votre litanie de méchancetés pour ceux qui vous prennent peut-être en allié ? Pratiquer la politesse sincère, quitte à être parfois hypocrite, cela vaut mieux pour le coeur ! Pourquoi ne pas appréciez donc cette délicatesse envers les autres comme votre meilleure amie ?

    Quand à l’Hypocrisie, comment pourrait-elle « se tapir » dans la Politesse, alors que c’est celle-ci qui lui sert de bras armé ? Car l’hypocrisie est bien un ressort de l’esprit pour faire croire -parfois délictueusement certes – à autrui que vous lui voulez du bien. Descendance lointaine de la sorcière Mensonge, elle relève de l’intelligence et de l’habileté, non du respect ni de la bienséance. Or si on s’en tient à telle définition, on se demande bien quelle existence horrible vous menez donc pour passer votre temps à vouloir le pire à ceux qui vous entoure tout en leur envoyant des mots doux ? Désirez-vous par le biai de l’hypocrisie la confiance de votre patron pour mieux le poignarder dans le dos ? Celle de la mère de famille pour empoisonner le biberon ? Ou bien avez-vous peur que votre collègue il vous assassine, tordu par la douleur de votre indifférence, pour que vous vous sentiez forcé de lui envoyer du « cordialement » ? Non bien sûr, cela est ridicule, mais votre rapport négatif aux autres, n’en reste pas moins questionable…

    Ainsi Monsieur G., je pense que l’Hypocrisie est désirable. Il se peut en effet qu’elle marche parfois main dans la main avec sa cousine la Politesse, mais c’est plus souvent qu’on ne le croit pour la bonne cause. On oublie trop souvent que l’hypocrisie est une clairvoyance qui amène plus de réjouissantes relations et d’opportunités qu’elle ne vous empêche de gâter davantage vos liens actuels en criant directement le mot de Cambronne à ceux qui vous désapointent. Or tout le monde l’accuse mais personne ne prend jamais la peine de recencer les externalités positives de l’hypocrisie… Vous m’avez fait un compliment sur mon veston vert que vous abhorrez ? Soites ! En plus de vous remercier pour votre intelligence, nous voilà amis ! N’est-ce pas mille fois préférable à vous retenir de m’insulter pour le faire en cachette ?

    Car avant de crier au vice, il faut voir combien de disputes, de divorces, de guerres ont put être évitées juste parce qu’on a dit au mari, au fou ou au despote, les suaves paroles qu’il « voulait entendre »… Combien d’avocats auraient été incapables de plaider tant ils ne croyaient pas devant le juge à la cause de leur client ! La démocratie elle-même ne saurait exister sans l’hypocrisie du peuple qui feint sans cesse de croire à l’exercice possible par ses représentants de sa « souveraineté nationale » ! Vous n’avez en tête que Tartuffe l’Imposteur là où les autres exemples abondent. Prenez le personnage du Compte de Monte-Cristo, par exemple. Auriez-vous imaginé un aussi palpitant récit sans toute l’hypocrisie de ce héros, outil remarquable de sa vengeance au service de la Justice divine ? Y aurait-il eu une fin à la guerre de Troyes sans l’hypocrisie équine des Achéens ? Même Confucius et les anciens Chinois basaient toute leur philosophie, leur droit et leur société sur le rite, le bien-paraître et le conformisme ! Que l’empereur de Chine oublie de procéder à un de ses nombreux sacrifices, qu’il manque à feindre de se s’intéresser à la poésie et la calligraphie et c’était la fin d’une dynastie ! Oserez-vous peupler tout un continent d’hypocrites odieux ? Ou plutôt de sages comédiens ? Ne pas maîtriser l’hypocrisie au plus haut point, c’est se priver d’un outil fort utile et prévenant, voire même, de bonheur. Êtes-vous égoïste au point de ne jamais faire plaisir gratuitement à autrui même si le compliment est contraire à votre pensée ? À défaut de faire la charité de vos poches, faites celle du sentiment, peut-être y trouverez-vous du plaisir également ! Voyez que dans un monde égoïste, qui est celui d’aujourd’hui, l’Hypocrisie peinera à trouver sa place.

    La politesse, l’hypocrisie, la flatterie, autant de techniques de style habiles mettant de la belle forme sur le fond. En ces temps de fin de civilisation, où la société a plus que jamais besoin du « ciment » dont vous parlez, mais également de beauté, on serait tenté de trouver plus d’intérêts aux savoirs et arts d’antan, en ces siècles où l’on savait écrire, peindre ou feindre avec virtuosité et magnificience, et où l’étiquette importait autant que le reste ; et de conclure que dans l’histoire, plus il y a eu de fond, plus il y a eu de forme – l’inverse semble vrai aussi. Aujourd’hui le fond dépérit et la forme avec, en conviendriez-vous ?

    Enfin, et puisque je n’aurais pas d’autres « besoins » à vous formuler dans le futur probablement, permettez-moi pour terminer et prendre congé, d’être franc et honnête comme il vous sied, en vous suggérant d’aller vous faire enculer, mais disons alors, bien cordialement.

    Zacharie Senski

    1. Cher monsieur Senski,

      Merci pour votre commentaire. Il prouve d’abord que vous m’avez lu — quel plaisir de se savoir lu ! Ensuite, que vous n’êtes pas resté indifférent à mes mots. Je me suis régalé de vous lire. Votre phrasé, richesse lexicale et plume enlevée, honore vos réflexions et sert au mieux votre démonstration. Vous suivez merveilleusement ce principe hugolien : « la forme est le fond qui remonte à la surface ».

      « Fou » ; « animé de pulsions morbides » ; « parfait égoïste asocial », vous avez parfaitement saisi le point de vue de ce billet. J’y apparais un fieffé connard et, pour reprendre la cordialité avec laquelle vous avez brillamment conclu votre commentaire, un sacré enculé. Je m’en réjouis ! En effet, j’ai voulu ce texte à l’envers, je l’ai voulu animé des plus vils instincts, peindre à gros traits le pire afin de montrer comme nous arrivons parfois à dépasser nos penchants méprisables pour conserver de bonnes relations. Nous ne sommes pas toujours enclins à la bienveillance envers nos prochains (mauvais réveil, mauvaises nouvelles, nerfs à vif…) et la politesse reste un rempart contre des actes aux conséquences négatives. A ces moments, l’hypocrisie d’une simple formule peut nous éviter bien des ennuis et freiner tout acte irréfléchi. Un « garde-fou » pour vous citer, dressé par des années de pratique et inculqué dès la plus tendre enfance.

      Vous avez raison lorsque vous affirmez qu’il n’y a aucune leçon à tirer de ce texte. Chacun le lit et, s’il le souhaite, lui donne un sens. Il n’y a aucune volonté d’édification dans mes mots. L’hypocrisie n’est à mes yeux ni un vice, ni une vertu. Elle est, voilà tout. Si quiconque veut en faire l’éloge ou le blâme, l’étudier par le prisme manichéen, et ô combien subjectif ! du bien et du mal, qu’il s’y attelle. Je le lirais avec plaisir et me permettrais certainement un commentaire. D’ailleurs, si vous le souhaitez, les pages de ce blog vous sont ouvertes pour un tel exercice.

      Pour ma part, je n’ai pas l’intention de faire le procès de cet instrument (ou attitude ? Ou autre ?) et fin révélateur des relations et comportements humains. L’hypocrisie a trop souvent servi à sauver des vies, comme à en détruire, à apaiser de sottes mais dangereuses tensions, comme à les exacerber, à repousser le pire comme à le faire survenir pour mériter louange ou opprobre. En conséquence, mon texte n’avait pas pour objet de divertir ou prêcher, mais de montrer et faire réagir. A vous lire, j’estime avoir atteint ce modeste objectif.

      Alors oui, mon texte peut être qualifié de catalogue de situations. J’espère d’ailleurs qu’elles vous sont étrangères, du moins qu’elles ne vous arrivent qu’épisodiquement car, vous le signalez très bien, ce serait insupportable de vivre continuellement avec un tel état d’esprit de pareils moments. Je me plais à montrer de banales circonstances en usant d’un œil particulier. Ici, un asocial patenté, au ton rustre et à la réflexion disons… abrupte. Cela peut vous sembler manquer de caractère, voire de panache. Soit. Tout comme moi, vous avez votre point de vue que vous me permettez de connaître grâce à votre commentaire. D’offrir la possibilité que nous les confrontions est pour le coup rafraichissant. Je vous en remercie car chaque contradiction est une marche gravie, une étape supplémentaire dans la réflexion et sa maturation.

      Ne partageant pas votre brio littéraire pour prendre congés, je me contenterais de vous saluer, avec tout le respect que méritent vos mots, avec toute l’humilité qu’inspirent vos tournures de phrases.

      Bien cordialement,

      Monsieur G.

      1. Personnement, ce sont des codes qu’on append des l’enfance. « dis merci a la dame qui t’a donne une sucette ». J’ai trouve sur Internet que de ne pas dire bonjour peut creer un malentendu avec cette personne sur le moment… Mais avec le sourire on dit toujours a ses collegues de travail pour ne passer une journee contrariante. C’est plein d’ Hypocrisie. Tenez un exemple concret : les caissieres sourient toujours a chaque client. Et pour tant elles n’ont pas envie la plupart du temps. Monsieur G. J’ai trouve votre blog en distant a Google cortana : » va te faire enculer avec ta bonne journee ». Je vous remercie beaucoup et souhaite d’autres articles sur votre blog. Vous n’etes pas tare c’est la terrible realite n’ayez pas peur des reponses des gens qui n’osent pas baisser le masque. Nous avons un grand et enorme point en commun. La franchise directe.

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