Chronique d’un samedi soir

La ville, la nuit, commence toujours par ressembler à une ruche. Elle grouille d’activité. Chacun s’affaire, fait ses petites affaires, sait ce qu’il a à faire… ou presque ! On entend alors les verres qui s’entrechoquent, les mots qui se délient, les regards qui s’intensifient. On se refile la joie et l’enthousiasme. On s’applique à toujours les raviver tel un brasier incandescent sur lequel chacun souffle et qui assurément pourtant finira par s’éteindre aux premières lueurs du jour suivant.
Et puis on sent venir la fin. On marche dans le froid, le pas rapide et zigzaguant un peu. L’urgence du temps qui file et qu’on voudrait bien mettre sur pause. Une toute petite fois, rien que pour respirer le silence de la ville qui dort et se sentir encore plus vivant. Les pas raisonnent, le souffle se fait court entre deux éclats de rire vêtus de fragile, et dans les rues maintenant vides les mots s’envolent et s’éparpillent. A un croisement, un dernier couple s’enlace, un autre se tient par la main sans se soucier du lendemain. Mais vous vous savez que tout cela n’est qu’un leurre, que demain vous serez ailleurs.

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